Révolutionnaire

Jean-Paul Marat

L'Ami du Peuple

1743 - 1793Boudry (Suisse)

Jean-Paul Marat (1743-1793) est le journaliste le plus radical de la Révolution française. Médecin de formation, scientifique frustré, il devient par son journal "L'Ami du peuple" la voix des sans-culottes et des plus démunis. Souffrant d'une maladie de peau qui l'obligeait à passer de longues heures dans son bain, c'est là qu'il fut assassiné par Charlotte Corday, devenant un martyr de la Révolution.

Chronologie

1743

Naissance à Boudry

24 mai 1743, à Boudry en Principauté de Neuchâtel (Suisse actuelle)

1760

Études de médecine

Étudie la médecine à Bordeaux puis à Paris

1765

Médecin à Londres

S'installe à Londres où il exerce la médecine avec succès

1775

Docteur en médecine

Obtient son doctorat à l'université de St Andrews (Écosse)

1777

Médecin des gardes du comte d'Artois

Retour en France, médecin de la haute société

1780

Querelle avec l'Académie des sciences

Ses travaux sur la lumière sont rejetés, il développe une rancœur envers l'élite scientifique

1789

Création de L'Ami du peuple

12 septembre, lance son journal révolutionnaire

1790

Persécutions et fuites

Contraint de se cacher plusieurs fois pour échapper aux poursuites

1792

Élu à la Convention

Député de Paris, figure montante de la Montagne

1793

Procès et acquittement

Traduit devant le Tribunal révolutionnaire, acquitté triomphalement

1793

Assassinat

13 juillet 1793, assassiné dans son bain par Charlotte Corday

L'Ami du peuple - Le journal

L'Ami du peuple

1789-1793

Journal quotidien le plus radical de la Révolution. Style violent, dénonciations virulentes des 'ennemis du peuple', appels à la justice populaire.

Plus de 600 numéros, influence majeure sur le cours de la Révolution

Style unique

Prose passionnée, vocabulaire populaire, tutoiement des lecteurs. Marat s'adresse directement aux sans-culottes.

Crée un lien direct avec le peuple, devient sa voix

Dénonciations

Liste régulière des 'traîtres' à guillotiner. Accuse indifféremment nobles, modérés, généraux, ministres...

Contribue au climat de suspicion généralisée

Le médecin et le scientifique frustré

Carrière médicale

Marat fut un médecin réputé, notamment à Londres où il soigna la haute société. De retour en France, il devient médecin des gardes du comte d'Artois (futur Charles X). Il publie plusieurs traités médicaux estimés.

Ambitions scientifiques

Passionné de physique, il conteste les théories de Newton sur la lumière. Mais ses travaux sont rejetés par l'Académie des sciences, notamment par Lavoisier. Cette humiliation nourrit sa haine de l'élite intellectuelle.

Maladie chronique

Marat souffrait d'une maladie de peau débilitante (probablement dermatite herpétiforme ou eczéma sévère) contractée en se cachant dans les égouts. Il passait des heures dans un bain médicamenteux pour soulager ses douleurs.

Paranoia et persécution

Traqué par les autorités pour ses écrits incendiaires, Marat vécut souvent caché. Cette vie de fugitif renforça sa conviction d'être entouré d'ennemis et sa rhétorique de dénonciation permanente.

L'assassinat - 13 juillet 1793

Charlotte Corday

Marie-Anne Charlotte de Corday d'Armont, 24 ans, descendante de Corneille, est une jeune Normande sympathisante des Girondins. Horrifiée par la Terreur, elle décide de tuer celui qu'elle considère comme responsable des massacres.

Elle se rend à Paris, achète un couteau, et obtient une entrevue avec Marat en prétendant avoir des informations sur des traîtres en Normandie.

La mort dans le bain

Marat la reçoit dans sa baignoire où il travaille pour soulager sa maladie de peau. Alors qu'il note les noms qu'elle lui dicte, Charlotte Corday le poignarde d'un coup de couteau au cœur.

"À la guillotine !" aurait crié Marat avant de mourir. Charlotte Corday est arrêtée sur place et guillotinée quatre jours plus tard.

Le tableau de Jacques-Louis David

"La Mort de Marat" (1793)

Chef-d'œuvre de la propagande révolutionnaire, il présente Marat en martyr christique

Citations célèbres

"Je suis l'œil du peuple, mais je n'ai point de bras."

"Cinq ou six cents têtes abattues vous auraient assuré repos, liberté, bonheur."

"Peuple, tes ennemis ne dorment pas : veille !"

"Je n'ai qu'une passion, celle de la liberté."

Héritage controversé

Marat reste une figure extrêmement controversée. Pour certains, il est le défenseur intransigeant du peuple contre les oppresseurs. Pour d'autres, il est un démagogue sanguinaire qui a contribué aux pires excès de la Terreur.

Vision favorable

  • • Voix des sans-culottes et des pauvres
  • • Incorruptible comme Robespierre
  • • Martyr de la Révolution
  • • Précurseur du journalisme engagé
  • • Défenseur des droits du peuple

Vision critique

  • • Appels répétés au meurtre
  • • Dénonciations calomnieuses
  • • Paranoïa et délire de persécution
  • • Responsabilité dans la Terreur
  • • Populisme démagogique

"Marat fut le premier à comprendre qu'un journal pouvait être une arme politique aussi puissante qu'une armée."

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