Missak Manouchian
Chef de l'Affiche rouge • Au Panthéon depuis 2024
Missak Manouchian (1906-1944), poète arménien et résistant, est le symbole de la France "terre d'asile et de liberté". Orphelin du génocide arménien, réfugié en France, il dirige le groupe FTP-MOI qui mène des dizaines d'actions armées contre l'occupant nazi à Paris. Fusillé au Mont-Valérien avec 21 de ses compagnons, il entre au Panthéon en 2024, 80 ans jour pour jour après son exécution.
Chronologie
Naissance en Turquie ottomane
1er septembre 1906, à Adıyaman, dans une famille arménienne
Génocide arménien
Perd ses parents dans le génocide, devient orphelin à 9 ans
Arrivée en France
Émigre à Marseille, puis Paris, travaille comme menuisier
Adhésion au Parti communiste
S'engage politiquement, écrit de la poésie en arménien
Occupation de la France
S'engage dans la Résistance communiste
Chef des FTP-MOI de Paris
Dirige le groupe des Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée
Actions armées
Le groupe mène des dizaines d'attaques contre l'occupant
Arrestation
16 novembre, arrêté avec d'autres membres du groupe
L'Affiche rouge
Février, les nazis placardent l'Affiche rouge pour discréditer la Résistance
Exécution au Mont-Valérien
21 février 1944, fusillé avec 21 de ses compagnons
Entrée au Panthéon
21 février 2024, 80 ans jour pour jour après son exécution
L'Affiche rouge
En février 1944, les nazis placardent 15 000 affiches dans tout Paris. Sur fond rouge sang, les visages de 10 résistants étrangers, présentés comme une "armée du crime". La propagande nazie espère ainsi retourner l'opinion contre la Résistance en jouant sur la xénophobie.
Le texte de l'affiche
"DES LIBÉRATEURS ? LA LIBÉRATION PAR L'ARMÉE DU CRIME !"
Mais l'effet escompté se retourne contre les nazis. L'affiche devient un symbole de la Résistance et de la France diverse qui combat l'occupant. Louis Aragon écrira le poème "L'Affiche rouge" mis en musique par Léo Ferré.
Les FTP-MOI : des étrangers pour la France
Les Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI) regroupaient des résistants étrangers : Arméniens, Polonais, Italiens, Espagnols, Hongrois, Juifs... Ces immigrés, souvent réfugiés politiques ou rescapés de persécutions, ont donné leur vie pour un pays qui les avait accueillis.
Quelques membres du groupe
Missak Manouchian
Arménien
37 ans
Marcel Rayman
Polonais
21 ans
Joseph Boczov
Hongrois
38 ans
Alfonso Celestino
Espagnol
27 ans
Spartaco Fontanot
Italien
22 ans
Thomas Elek
Hongrois
19 ans
Actions du groupe Manouchian
Assassinat du général SS Julius Ritter
Responsable du STO en France
Déraillement de trains militaires
Plusieurs opérations de sabotage ferroviaire
Attaques de convois allemands
Dizaines d'actions armées dans Paris
Élimination d'officiers nazis
Actions ciblées contre l'occupant
Dernière lettre à Mélinée
La veille de son exécution, Missak Manouchian écrit une dernière lettre à sa femme Mélinée. Ce texte, d'une beauté poignante, est devenu l'un des documents les plus émouvants de la Résistance française.
"Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée, Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. [...] Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain."
— Missak Manouchian, 21 février 1944
L'Affiche rouge - Louis Aragon
En 1955, le poète Louis Aragon écrit "Strophes pour se souvenir", plus connu sous le nom de "L'Affiche rouge". Le poème, mis en musique par Léo Ferré en 1959, immortalise le groupe Manouchian.
"Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants"
— Louis Aragon, "L'Affiche rouge" (1955)
Entrée au Panthéon - 21 février 2024
80 ans jour pour jour après son exécution, Missak Manouchian entre au Panthéon avec son épouse Mélinée (décédée en 1989). Il devient le premier résistant communiste et le premier étranger combattant à recevoir cet honneur.
Après son exécution
Résistant communiste au Panthéon
Étranger combattant panthéonisé
"À travers Missak et Mélinée Manouchian, la France rend hommage à tous ceux qui, venus d'ailleurs, ont combattu pour elle et ont fait le sacrifice de leur vie."
— Discours officiel de la cérémonie
