Georges Clemenceau
Le Tigre • Le Père la Victoire
Georges Clemenceau (1841-1929) est l'une des plus grandes figures de la IIIe République. Médecin de formation, journaliste, homme politique redoutable, il incarne la combativité républicaine. Rappelé au pouvoir à 76 ans pour sauver une France au bord du gouffre, il conduit le pays à la victoire en 1918, méritant son surnom de "Père la Victoire".
Chronologie
Naissance en Vendée
28 septembre 1841, à Mouilleron-en-Pareds, famille républicaine
Docteur en médecine
Obtient son doctorat à Paris, thèse sur l'anatomie
Maire de Montmartre
Élu pendant le siège de Paris, tente de négocier avec la Commune
Député de Paris
Début d'une carrière parlementaire de près de 30 ans
Le 'Tombeur de ministères'
Fait chuter plusieurs gouvernements par ses interventions
Scandale de Panama
Impliqué injustement, perd son siège, traverse le 'désert'
Sénateur du Var
Retour triomphal en politique
Ministre de l'Intérieur puis Président du Conseil
Réprime durement les grèves, mais fait voter des lois sociales
Le 'Père la Victoire'
Rappelé au pouvoir à 76 ans pour sauver la France
L'Armistice
11 novembre, la France victorieuse
Traité de Versailles
Négocie le traité de paix, obtient l'Alsace-Lorraine
Défaite présidentielle
Battu à l'élection présidentielle, se retire
Mort à Paris
24 novembre, à 88 ans
Ses surnoms légendaires
"Le Tigre"
Pour sa combativité féroce au Parlement et sa rhétorique mordante
Années 1880-1890"Le Tombeur de ministères"
Pour avoir fait chuter de nombreux gouvernements par ses critiques
Années 1880"Le Père la Victoire"
Pour avoir conduit la France à la victoire en 1918
1918-1929"Le Premier flic de France"
Pour sa répression des grèves comme ministre de l'Intérieur
1906-1909Grandes réalisations
Victoire de 1918
Unification du commandement allié sous Foch, galvanisation du moral français, coordination avec les Alliés
Traité de Versailles
Récupération de l'Alsace-Lorraine, démilitarisation de la Rhénanie, réparations allemandes
Défense de Dreyfus
Champion de la cause dreyfusarde, publie 'J'accuse' de Zola dans son journal L'Aurore
Lois sociales
Malgré sa réputation de 'briseur de grèves', fait voter le repos hebdomadaire et des retraites ouvrières
Le Père la Victoire (1917-1918)
En novembre 1917, la France est au bord du gouffre. L'armée se mutine, les civils sont épuisés, la Russie sort de la guerre. Le président Poincaré rappelle Clemenceau, 76 ans, pour former un gouvernement de combat.
Âge à son retour au pouvoir
Pour inverser le cours de la guerre
L'Armistice victorieux
"Ma politique étrangère et ma politique intérieure, c'est tout un. Politique intérieure ? Je fais la guerre. Politique étrangère ? Je fais la guerre. Je fais toujours la guerre."
— Discours à la Chambre, 8 mars 1918
Clemenceau et l'affaire Dreyfus
Clemenceau est l'un des plus ardents défenseurs du capitaine Dreyfus, injustement accusé de trahison. En tant que directeur du journal L'Aurore, c'est lui qui titre l'article d'Émile Zola du 13 janvier 1898.
"J'ACCUSE...!"
C'est Clemenceau qui trouve ce titre devenu légendaire pour l'article de Zola. Ce coup éditorial fait basculer l'opinion publique.
Citations célèbres
"La guerre ! C'est une chose trop grave pour être confiée à des militaires."
"Je fais la guerre."
"Un homme qui n'est plus capable de colère n'est plus capable de justice."
"L'Amérique est le seul pays à être passé de la barbarie à la décadence sans connaître la civilisation."
"Il est plus facile de faire la guerre que la paix."
Héritage
Clemenceau reste une figure tutélaire de la République française. Son énergie, sa combativité, son patriotisme ardent en font un modèle pour les hommes d'État en temps de crise.
Son appartement parisien, conservé en l'état (rue Franklin, Paris 16e)
Le porte-avions français Clemenceau (1961-1997)
Des milliers de voies en France portent son nom
Selon sa volonté, Clemenceau est enterré debout, face à l'Allemagne, près de son père en Vendée, sans cérémonie officielle.
